Salaire net / brut
Convertissez un salaire brut en net, ou un salaire net en brut, à partir d'un taux de charges que vous ajustez. Les barèmes de cotisations et d'impôt sur salaire en vigueur en 2026 dans les huit pays de l'UEMOA sont détaillés sous le calculateur.
Brut, net, coût employeur : trois montants à ne pas confondre
Le salaire brut est le montant inscrit dans votre contrat de travail, avant toute retenue. Le salaire net est ce qui arrive réellement sur votre compte, une fois déduites les cotisations sociales salariales et l'impôt sur salaire. Entre les deux se glisse un troisième montant, souvent ignoré : le coût employeur, c'est-à-dire le brut augmenté des charges patronales, qui représente ce que votre poste coûte réellement à l'entreprise.
Cette distinction est la source de confusion numéro un dans toute la zone UEMOA. Quand on lit qu'un employeur supporte « 20 % de charges », ce chiffre ne réduit pas votre net d'un franc : il s'ajoute par-dessus votre brut. La retenue qui vous concerne réellement, la part salariale, est bien plus modeste — entre 3,6 % et 6,3 % du brut selon le pays.
Le calcul se fait toujours en deux temps
Dans les huit pays de l'Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine, la mécanique est identique, même si les taux diffèrent :
- Étape 1 — les cotisations sociales. On retire du brut la part salariale versée à la caisse de retraite : IPRES au Sénégal, CNPS en Côte d'Ivoire, CNSS au Burkina Faso, au Niger, au Togo et au Bénin, INPS au Mali, INSS en Guinée-Bissau.
- Étape 2 — l'impôt sur salaire. On applique ensuite un barème progressif au montant obtenu : IRPP au Sénégal et au Togo, ITS en Côte d'Ivoire, au Mali, au Niger et au Bénin, IUTS au Burkina Faso.
Ce qui reste après ces deux étapes, c'est votre salaire net.
La part salariale des cotisations, pays par pays
Voici le taux à saisir dans le calculateur si vous ne voulez tenir compte que des cotisations sociales, sans l'impôt :
| Pays | Organisme | Part salariale | Plafond mensuel |
|---|---|---|---|
| Sénégal | IPRES | 5,6 % (+ 2,4 % cadres) | 432 000 FCFA |
| Côte d'Ivoire | CNPS | 6,3 % | voir note |
| Burkina Faso | CNSS | 5,5 % | 800 000 FCFA |
| Mali | INPS | 3,6 % (+ AMO) | sans plafond |
| Niger | CNSS | 5,25 % | 500 000 FCFA |
| Togo | CNSS + AMU | 4 % + 5 % | sans plafond |
| Bénin | CNSS | 3,6 % | sans plafond |
| Guinée-Bissau | INSS | 8 % | sans plafond |
Barèmes en vigueur en 2026. Les prestations familiales et la couverture accidents du travail sont partout à la charge exclusive de l'employeur : elles n'apparaissent pas dans cette colonne.
L'impôt : là où les écarts se creusent
Les cotisations sociales pèsent finalement peu. C'est l'impôt sur salaire qui fait la différence entre deux pays, et surtout entre deux niveaux de rémunération dans un même pays.
Au Sénégal, l'IRPP suit un barème annuel à six tranches : rien jusqu'à 630 000 FCFA de revenu annuel, puis 20 %, 30 %, 35 %, 37 % et 40 % au-delà de 50 millions. Le pays applique un système de parts (quotient familial) et accorde une réduction de 10 % de l'impôt par part supplémentaire. S'y ajoute la TRIMF, une taxe forfaitaire de 900 à 36 000 FCFA par an.
En Côte d'Ivoire, une réforme entrée en vigueur au 1er janvier 2024 a fusionné trois impôts distincts en un ITS unique, calculé directement sur le brut sans abattement. Le barème mensuel démarre à 0 % jusqu'à 75 000 FCFA, puis monte par paliers de 16 %, 21 %, 24 %, 28 % et 32 %. Chaque demi-part familiale donne droit à une réduction forfaitaire de 5 500 FCFA par mois, plafonnée à cinq parts.
Le Togo se distingue par un abattement forfaitaire généreux de 28 % appliqué après les cotisations, ce qui rend l'impôt très léger sur les bas salaires. Le Bénin exonère les 60 000 premiers francs mensuels puis grimpe rapidement jusqu'à 40 %. Le Niger applique un barème à neuf tranches, de 1 % à 35 %, mais taxe dès le premier franc. Le Burkina Faso déduit des frais professionnels forfaitaires de 20 % du brut, plafonnés à 75 000 FCFA. Le Mali exonère jusqu'à 175 000 FCFA mensuels puis progresse jusqu'à 40 %.
Un exemple concret : 250 000 FCFA brut au Sénégal
Prenons un salarié célibataire, non cadre, avec un brut mensuel de 250 000 FCFA.
- Cotisation IPRES salariale : 5,6 % de 250 000 = 14 000 FCFA
- Revenu imposable annuel : environ 2 832 000 FCFA
- IRPP mensuel après application du barème : environ 47 800 FCFA
- Salaire net : environ 188 200 FCFA
Le taux de prélèvement global ressort ici autour de 25 %. Le même brut versé à une personne mariée avec deux enfants donnerait un net sensiblement plus élevé, le quotient familial réduisant l'impôt dû. C'est pourquoi deux collègues au même salaire brut peuvent recevoir des montants différents.
Quel taux saisir dans le calculateur
Ce calculateur applique un taux global unique que vous définissez vous-même. Voici des ordres de grandeur réalistes pour la zone UEMOA, cotisations et impôt confondus :
- Salaire proche du SMIG : de 4 % à 8 %. L'impôt est faible ou nul, seules les cotisations s'appliquent.
- Salaire moyen : de 10 % à 18 % dans la plupart des pays.
- Salaire élevé : de 25 % à 35 %, l'impôt devenant prépondérant.
Pour une estimation fiable, la meilleure source reste votre propre bulletin de paie : divisez le total des retenues par le brut, et vous obtiendrez votre taux réel.
Les cinq erreurs les plus fréquentes
- Additionner charges patronales et salariales. Seule la part salariale réduit votre net. Les 12 à 25 % de charges employeur s'ajoutent au-dessus du brut.
- Oublier le plafonnement. Au-delà du plafond de cotisation, la retenue retraite cesse d'augmenter — mais l'impôt, lui, continue de progresser. Le taux global n'évolue donc pas linéairement.
- Confondre brut total et brut imposable. Selon le pays, l'impôt s'applique soit sur le brut sans abattement (Côte d'Ivoire depuis 2024), soit après déduction des cotisations et d'un forfait de frais professionnels.
- Mal traiter les primes et indemnités. Primes, gratifications et treizième mois sont en principe imposables et cotisables. Certaines indemnités — transport, panier, frais de mission réels — sont exonérées dans une limite fixée par décret.
- Ignorer la situation familiale. Au Sénégal, en Côte d'Ivoire, au Togo comme au Mali, le nombre de personnes à charge modifie directement l'impôt dû.
Pourquoi les huit pays n'ont pas le même barème
L'UEMOA partage une monnaie commune, le franc CFA, et a harmonisé la TVA, les droits d'accises et l'impôt sur les bénéfices des sociétés. En revanche, l'impôt sur les salaires et la sécurité sociale restent de compétence nationale. Chaque État conserve son propre barème, ses propres taux de cotisation et ses propres organismes. La coordination existe au niveau de la CIPRES en matière de sécurité sociale, mais elle ne débouche pas sur des taux uniformes.
Concrètement, cela signifie qu'un même salaire brut de 400 000 FCFA ne donne pas le même net à Dakar, à Abidjan ou à Lomé. Si vous comparez une offre entre deux pays de la zone, faites le calcul avec le taux propre à chaque destination.
Vérifier les barèmes officiels
Les taux évoluent chaque année avec les lois de finances. Pour un calcul engageant votre décision, consultez les sources officielles : la DGID pour le Sénégal, la DGI pour la Côte d'Ivoire, le Mali, le Niger et le Bénin, l'OTR pour le Togo. Pour les cotisations sociales, le CLEISS et la CIPRES publient des barèmes régulièrement mis à jour.