Crédit immobilier
Simulez le montant de vos mensualités pour un prêt immobilier, selon le montant emprunté, le taux d'intérêt annuel et la durée de remboursement.
Comment se calcule une mensualité
Une mensualité de crédit à taux fixe reste identique du premier au dernier mois, mais sa composition change en permanence. Au début, elle contient surtout des intérêts et très peu de capital. À la fin, c'est l'inverse. Ce mécanisme s'appelle l'amortissement progressif.
Concrètement, les intérêts se calculent chaque mois sur le capital restant dû. Comme celui-ci diminue lentement au départ, les premières années coûtent proportionnellement cher. C'est pourquoi un remboursement anticipé effectué tôt fait économiser beaucoup plus que le même remboursement effectué tard.
Le nouveau plafond légal : 14 % depuis juin 2026
Un changement réglementaire important est intervenu dans toute la zone. Par la décision n°19 du 29 décembre 2025, le Conseil des Ministres de l'UMOA a abaissé le taux d'usure applicable dans les huit pays de l'Union, avec effet au 1er juin 2026 :
| Type d'établissement | Avant | Depuis juin 2026 |
|---|---|---|
| Banques | 15 % | 14 % |
| Microfinance, SFD, autres | 27 % | 24 % |
Plafonds exprimés en TAEG annuel. Source : décision n°19/29-12-2025/CM/UMOA.
Ce n'est pas une recommandation mais un plafond légal. Un crédit dont le taux annuel effectif global dépasse ce seuil est usuraire. La loi-cadre de l'UMOA sur l'usure prévoit des sanctions pénales, et le tribunal peut annuler le contrat en ordonnant à l'établissement de restituer les sommes perçues au-delà du plafond.
TEG et taux nominal : la distinction décisive
Le taux que votre banquier annonce en premier — le taux nominal — ne dit pas le coût réel de votre crédit. Le taux annuel effectif global (TAEG), lui, intègre l'ensemble des frais obligatoires : frais de dossier, commissions, assurance emprunteur lorsqu'elle est exigée, frais de garantie.
C'est le TAEG, et lui seul, qui se compare au plafond d'usure. C'est aussi lui qu'il faut comparer d'une banque à l'autre. Un taux nominal de 8 % assorti de frais élevés peut coûter plus cher qu'un taux nominal de 9 % sans frais.
Exigez toujours le TAEG par écrit avant de signer. Ce calculateur, lui, raisonne sur le taux que vous saisissez : pour une estimation proche de la réalité, entrez le TAEG plutôt que le taux nominal.
Ce que coûte réellement le taux
Pour un emprunt de 10 000 000 FCFA sur 15 ans, voici l'effet du taux sur le coût total :
| Taux | Mensualité | Intérêts totaux |
|---|---|---|
| 7 % | 89 882 | 6 178 900 |
| 10 % | 107 460 | 9 342 900 |
| 14 % | 133 174 | 13 971 300 |
Montants en FCFA, arrondis. Hors assurance et frais annexes.
À 14 %, plafond légal des banques, les intérêts dépassent le capital emprunté. Négocier un point de taux vaut donc largement l'effort : entre 7 % et 10 %, l'écart atteint plus de 3 millions de FCFA sur la durée.
La durée : le piège du confort
Allonger la durée réduit la mensualité, ce qui rassure. Mais le coût total, lui, explose. Toujours pour 10 000 000 FCFA, cette fois à 8 % :
| Durée | Mensualité | Intérêts totaux |
|---|---|---|
| 10 ans | 121 327 | 4 559 300 |
| 15 ans | 95 565 | 7 201 700 |
| 20 ans | 83 644 | 10 074 500 |
| 25 ans | 77 181 | 13 154 500 |
Montants en FCFA, arrondis.
Passer de 10 à 25 ans fait gagner 44 000 FCFA de mensualité, mais coûte 8,6 millions d'intérêts supplémentaires. La bonne durée est la plus courte que votre budget supporte réellement, pas la plus confortable.
Lire un tableau d'amortissement
Toute banque doit vous remettre un tableau d'amortissement détaillant, mois par mois, la répartition de votre mensualité. Prenons le crédit de 10 000 000 FCFA à 8 % sur 15 ans, dont la mensualité est de 95 565 FCFA.
Le premier mois, les intérêts s'élèvent à 10 000 000 × 8 % ÷ 12, soit environ 66 700 FCFA. Il ne reste donc que 28 900 FCFA pour rembourser le capital. Après cinq ans de paiements, vous aurez versé près de 5 734 000 FCFA, mais votre capital restant dû s'élèvera encore à près de 7 877 000 FCFA — vous n'aurez remboursé que 2,1 millions de capital.
Cette lenteur du début surprend souvent. Elle explique pourquoi revendre un bien financé à crédit dans les premières années laisse rarement une plus-value : le capital remboursé est encore faible.
Les garanties exigées dans la zone
Obtenir un crédit immobilier en Afrique de l'Ouest suppose généralement de réunir plusieurs conditions au-delà du seul revenu :
- Un apport personnel, souvent de l'ordre de 20 à 30 % du montant du bien selon les établissements.
- Un titre foncier régulier. C'est fréquemment le point bloquant : de nombreux terrains sont détenus sous des formes coutumières ou avec des documents incomplets, que les banques n'acceptent pas en garantie.
- Une hypothèque de premier rang inscrite sur le bien financé, dont les frais d'inscription s'ajoutent au coût.
- Une stabilité d'emploi, généralement un contrat à durée indéterminée avec plusieurs mois d'ancienneté.
Ces exigences varient d'une banque à l'autre. Il vaut la peine de consulter plusieurs établissements : les écarts de conditions, dans une même ville, peuvent être considérables.
Le taux d'endettement
Les banques de la zone retiennent généralement un plafond d'endettement situé autour du tiers des revenus nets. Si vous gagnez 300 000 FCFA net par mois, la mensualité maximale acceptée tournera autour de 100 000 FCFA, toutes charges de crédit confondues.
Ce seuil n'est pas une règle légale mais une pratique prudentielle, et il tient compte de l'ensemble de vos engagements existants. Un crédit à la consommation en cours réduit d'autant votre capacité d'emprunt immobilier.
Le contexte des taux en 2026
En mars 2026, la BCEAO a ramené son principal taux directeur de 3,25 % à 3 %. Le taux débiteur moyen pratiqué par les banques de l'Union s'établissait pourtant à 6,93 % en janvier 2026, en légère hausse par rapport au mois précédent.
L'écart entre le taux directeur et le taux appliqué au client couvre le coût du risque, les frais de gestion et la marge de la banque. Il explique pourquoi une baisse annoncée par la Banque centrale ne se répercute pas mécaniquement sur votre crédit.
Quatre points à vérifier avant de signer
- Le TAEG, par écrit. Comparez-le au plafond de 14 % et entre établissements.
- Les conditions de remboursement anticipé. Certaines banques appliquent une pénalité qui peut annuler l'intérêt de l'opération.
- L'assurance emprunteur. Son coût s'ajoute à la mensualité et pèse parfois lourd sur le total.
- La nature du taux. Un taux variable peut évoluer en cours de prêt : demandez le plafond de variation prévu au contrat.